« Je n'en fais jamais assez. » Ce sentiment vous est familier ? Entre les notifications permanentes, le télétravail qui brouille les frontières et la pression de toujours en faire plus, s'accorder une pause devient presque coupable. Selon l'Anatomie du travail d'Asana, 80 % des travailleurs de la connaissance se disent surchargés et proches du burnout.
Le piège est insidieux : plus on s'active, plus on croit prouver sa valeur. Pourtant, une productivité continue et sans répit n'est pas tenable à long terme. Vous finissez par vous sentir coupable de « perdre » du temps sur ce qui vous plaisait auparavant, une promenade, un livre, un dîner qui s'éternise. Bonne nouvelle : cette spirale n'a rien d'une fatalité, et vous pouvez l'enrayer, à votre échelle comme à celle de votre équipe.
La productivité toxique désigne le besoin compulsif d'être productif en permanence, dans tous les domaines de la vie, au point de nuire à sa santé physique et mentale. Contrairement à une productivité saine, qui alterne effort et repos, elle transforme chaque moment d'inactivité en source de culpabilité.
Dès lors que vous développez le désir malsain de systématiquement accomplir davantage, souvent au détriment de votre santé physique et mentale, votre comportement peut être qualifié de toxique. Les activités que vous preniez plaisir à faire il y a peu encore vous semblent désormais une pure perte de temps : aller se promener entre amis, papoter avec des collègues à la machine à café, etc. Au contraire, tout ce que vous entreprenez désormais doit s'intégrer à votre feuille de route personnelle, et contribuer à l'atteinte de vos objectifs à court et long terme.
La productivité toxique vous prive des petites joies du quotidien et vous pousse à travailler toujours un peu plus jusqu'au surmenage. À long terme, vous risquez de constater une détérioration de votre santé physique et mentale : faire un burnout ou tomber en dépression, entre autres.
Pour situer le curseur, le tableau suivant oppose une productivité saine à une productivité toxique sur les critères qui comptent au quotidien.
Critère | Productivité saine | Productivité toxique |
|---|---|---|
Rapport au repos | Le repos fait partie intégrante du travail | Le repos est vécu comme une perte de temps |
Moteur | Agir en fonction de priorités claires | En faire toujours plus, sans limite |
Valeur personnelle | Dissociée du volume de travail | Mesurée à la quantité de tâches abattues |
Effet sur la santé | Énergie préservée sur la durée | Épuisement et risque de burnout |
La société dans laquelle nous vivons place la productivité au centre de toutes nos activités. Pour s'en rendre compte, songez à la culture de l'agitation (en anglais) dans laquelle nous évoluons (une autre façon de désigner la productivité toxique ou « hustle culture » en anglais). Cette dernière glorifie nos efforts acharnés du quotidien, en véhiculant l'idée que travailler sans relâche permet de réussir. Sur les réseaux sociaux, les influenceurs publient des photos et vidéos de leurs routines respectives, dans une version idéalisée où la productivité est reine. Pris dans une telle ébullition, vous pouvez facilement vous sentir coupable si vous n'êtes pas à l'affût de la moindre opportunité et ne travaillez pas autant que ceux qui vous entourent.
En outre, la productivité toxique se manifeste souvent pendant les périodes de doutes. Selon la psychologue clinicienne Kathryn Esquer (article en anglais), être productif nous change les idées et booste temporairement notre taux de dopamine. « Lorsque notre environnement nous laisse entrevoir des facteurs de stress ou des menaces qui échappent à notre contrôle, nous nous concentrons souvent sur les petits éléments que nous pouvons contrôler, comme se lancer dans un grand ménage ou exceller dans la conduite de nos projets professionnels », explique K. Esquer. Le problème ? La productivité est un motif de soulagement temporaire qui ne suffira ni à calmer votre stress ni à réduire la sensation d'inconfort que vous éprouvez.
La pandémie de Covid-19 en est un très bon exemple. Ceux d'entre nous qui se sont retrouvés dans l'impossibilité de travailler n'ont pas pris le temps de se reposer, bien au contraire. Certains ont appris à faire du pain, d'autres à parler italien ou à utiliser un nouveau langage de programmation. Pour faire face aux confinements, nous n'avons cessé d'essayer de nous surpasser, au lieu de nous donner le temps et les moyens de faire face au virus.
En résumé, plusieurs facteurs alimentent ce phénomène :
La pression sociale et la « hustle culture », qui glorifient le surtravail.
L'hyperconnexion et le télétravail, qui effacent la frontière entre vie professionnelle et vie privée.
Des exigences irréalistes envers soi-même, nourries par le perfectionnisme.
Les périodes d'incertitude, où l'on se raccroche à ce que l'on peut contrôler.
Maintenir un certain niveau de productivité est une bonne chose, mais il est souvent difficile d'identifier à quel moment votre éthique professionnelle mène à des comportements obsessionnels. Selon les personnes, la productivité toxique se manifeste différemment. Voici quelques signaux d'alarme courants à ne pas négliger :
Effectuer régulièrement des heures supplémentaires. Faire quelques heures en plus occasionnellement pour boucler un projet important n'est pas un problème. En revanche, si cela devient une habitude, vous risquez de tomber dans un engrenage néfaste : travailler le week-end, se connecter plus tôt pour rattraper le temps (soi-disant) perdu avant le début officiel de la journée, travailler tard ou consulter vos outils de messagerie professionnels pendant votre temps de repos. Il faut bien distinguer la productivité toxique de la surcharge de travail. Si vous effectuez des heures supplémentaires par choix, c'est un comportement potentiellement dangereux ; si vous le faites par nécessité, vous êtes probablement dans une situation de surmenage.
Se sentir coupable de ne pas en faire assez, même si vous accomplissez un nombre de tâches plus que raisonnable. Une personne victime du phénomène de productivité toxique s'efforce souvent d'accomplir une quantité démesurée de travail, bien supérieure au minimum attendu. Elle a également des attentes irréalistes vis-à-vis d'elle-même et se sent coupable si elle prend du retard.
Souhaiter accomplir uniquement des activités qui ont un objectif précis. Lorsque vous adoptez ce type de comportements obsessionnels, certaines tâches vous semblent inutiles, car elles ne participent pas à l'atteinte d'un objectif précis. Ainsi, il est possible que vous chassiez les occupations qui ne sont « pas productives » de votre emploi du temps : passer des moments en famille ou entre amis, vous détendre ou, tout simplement, profiter du moment présent.
Oublier de prendre du temps pour soi. Vous pensez que vous accorder des moments de détente est une perte de temps ? Le cas échéant, gare à la productivité toxique. Les personnes concernées ont tendance à oublier de se reposer ou de se préparer des plats sains. Parfois, elles n'hésitent pas à sauter des repas pour travailler plus longtemps et évitent même d'aller aux toilettes ou de boire de l'eau. Inutile de préciser que les travailleurs acharnés préfèrent aussi zapper la séance de sport, l'apéritif entre amis ou le repas de famille.
Souffrir d'anxiété ou de dépression chronique. Essayer de rester actif en permanence peut avoir des conséquences graves sur votre bien-être mental. Vous risquez de vous retrouver dans un état de stress permanent face à tout le travail qui vous incombe, tout en craignant de ne jamais en faire assez. La dépression est également un symptôme courant, surtout si la productivité toxique vous éloigne de vos proches et vous empêche d'accomplir les activités que vous aimez.
Sombrer dans un état d'épuisement généralisé. Lorsque vous exigez trop de vous-même pendant une période prolongée, vous vous retrouvez bien souvent dans un état d'épuisement total. Les signes de burnout varient d'un individu à l'autre, mais parmi les plus courants on retrouve l'épuisement physique, une baisse de moral ou encore des problèmes de santé à répétition. Personne n'est à l'abri du burnout, lequel ne survient pas seulement au travail, mais aussi dans toutes les situations du quotidien. Les jeunes parents et les tuteurs déclarent souvent en avoir été victimes.
En période d'incertitude, la solution de facilité consiste souvent à chasser notre sentiment de malaise au profit d'une productivité excessive. Toutefois, vous ne réussirez qu'à vous épuiser. Nous avons besoin de temps pour nous reposer, être en harmonie avec nos émotions et passer des moments avec ceux qui nous sont chers. Si vous parvenez à vous accorder ces instants pour vous ressourcer, vous accomplirez autant, voire davantage à long terme.
La productivité est un marathon, pas un sprint. Voici six astuces pour remédier à la productivité toxique et rétablir un équilibre, à votre échelle et à celle de votre équipe.
La productivité toxique vous pousse à travailler trop intensément, pendant trop longtemps. Pour briser ce cercle vicieux, vous devez définir des limites et récupérer du temps libre.
Fixer des limites à sa vie professionnelle est essentiel, surtout pour les personnes qui travaillent à distance. Selon le rapport Asana sur l'Anatomie du travail, 37 % des travailleurs de la connaissance en télétravail affirment ne pas vraiment savoir quand commencent ou se terminent leurs journées de travail. Résultat, 38 % ont tendance à vérifier leur boîte mail plus souvent en dehors des heures de travail, et 35 % pensent davantage à leurs tâches pendant leur temps libre.
Voici comment poser des limites :
Donnez des heures de travail précises à vos employés ou à vous-même. Ainsi, chacun sait qu'il peut se détendre en dehors de ces horaires.
En tant que manager, montrez l'exemple. Évitez d'envoyer et de répondre à des messages en dehors de vos heures de travail, n'hésitez pas à prendre des jours de congé et encouragez votre équipe à faire de même.
Normalisez des temps de réponse plus longs. 50 % des managers et 42 % des collaborateurs individuels se sentent souvent obligés de répondre immédiatement aux notifications qu'ils reçoivent. En tant que manager, vous pouvez définir des attentes plus réalistes en matière de temps de réponse et encourager votre équipe à profiter pleinement de son temps libre.
Ces limites se pilotent aussi avec les bons outils. Dans Asana, la Gestion des ressources (Workload) permet à un manager de visualiser la charge réelle de chaque membre de l'équipe et de rééquilibrer les tâches avant que la surcharge ne s'installe.
La productivité toxique survient souvent lorsque vos objectifs ou attentes professionnelles sont irréalistes. Par conséquent, vous vous sentez contraint de travailler plus longtemps et coupable si votre rythme faiblit ou si vous prenez du retard.
Pour y remédier, fixez-vous des objectifs que vous pouvez raisonnablement espérer atteindre dans un délai donné :
Définissez des objectifs SMART. Spécifiques, Mesurables, Atteignables, Réalistes et Temporellement définis, ils vous aideront à fixer des attentes raisonnables que vous serez en mesure de satisfaire.
Soyez honnête envers vous-même. Lorsque vous définissez vos objectifs, ne visez pas trop haut. Soyez réaliste et conscient de ce que vous pouvez faire ou non, afin de ne jamais vous retrouver dans une situation de surmenage.
Prévoyez du temps pour vous reposer. Aucun de nous ne peut travailler non-stop. Fixez une échéance réaliste à vos objectifs, c'est-à-dire un délai assez large qui vous permette de vous réserver du temps libre pour vous ressourcer tout au long du projet.
Hiérarchisez votre travail grâce aux objectifs. Les degrés d'urgence et d'importance d'un projet varient d'une initiative à l'autre. Les objectifs vous aident à faire la différence entre les tâches que vous devez accomplir en priorité et celles qui peuvent attendre. Planifiez également des tâches à accomplir un peu plus tard, vous éviterez ainsi d'effectuer des heures supplémentaires. Vous pouvez aussi déléguer une partie de votre travail, voire éliminer certaines activités non essentielles de votre liste de tâches.
Tout le monde a besoin de repos, et programmer des pauses est un excellent moyen de se réserver régulièrement des petits moments libres pour se ressourcer. Cette astuce pourrait sembler contre-intuitive, mais l'une des meilleures méthodes pour gagner en productivité (en anglais) à long terme est de faire des pauses. Nous parvenons alors à mieux nous concentrer et à faire preuve de créativité.
D'après le Dr Sahar Yousef, chercheuse en neurosciences cognitives, faire des pauses à des moments stratégiques est le meilleur moyen d'éviter le surmenage et le burnout au travail. Elle préconise d'adopter un cadre de travail que l'on nomme le système « 3M », qui prévoit la mise en place de trois types de pauses :
Pauses macro : une demi à une journée par mois (randonnée en forêt, sortie pour la journée, visite à des proches, etc.).
Pauses méso : une à deux heures par semaine (cours de musique, séance de sport, longue marche, etc.).
Pauses micro : quelques minutes plusieurs fois par jour (étirements, méditation, etc.).
Pour mettre en œuvre le système 3M au sein de votre équipe, encouragez chacun de ses membres à évaluer sa propre situation et à déterminer les types de pauses les plus adéquats à adopter en priorité. Ensuite, demandez à vos collaborateurs d'intégrer des pauses macro, méso et micro à leur emploi du temps. N'oubliez pas de montrer l'exemple : discutez avec votre équipe des différents types de pauses que vous vous accordez pour préserver votre santé mentale et physique.
[À lire] Montrer l’exemple : les conseils d’une dirigeante AsanaLorsque vous êtes pris dans un cycle de productivité toxique, vous avez l'impression que chaque minute doit être rentabilisée et vous aider à atteindre un but précis. Vous ne voulez pas seulement aller courir en pleine nature, vous souhaitez parcourir dix kilomètres et vous entraîner pour un marathon. Vous préférez dévorer le tout nouveau manuel de développement personnel, plutôt qu'un bon vieux livre de fiction.
Au lieu d'alimenter ce cercle vicieux, réservez-vous du temps pour ne rien faire et tenir volontairement à distance cette obsession de la productivité. Il ne s'agit pas d'un moment pour développer vos savoir-faire ou savoir-être, mais tout simplement d'un temps pour se poser et profiter des bons côtés de la vie. Installez-vous confortablement et écoutez de la musique, méditez, allez vous promener, regardez un film… en bref, accordez-vous le droit de ne rien faire, ou du moins de ne rien accomplir de spécial.
La productivité toxique reflète souvent certaines de vos angoisses non verbalisées. Pour vraiment couper avec la productivité toxique, vous devez identifier les pensées ou sentiments sous-jacents qui vous poussent à travailler autant. Le but n'est pas de faire disparaître vos craintes. Il s'agit d'apprendre à maîtriser vos émotions et à les gérer de manière saine, plutôt que d'essayer de les ignorer et de compenser par une hyper-productivité.
Voici quelques exemples :
La peur de l'échec.
Un sentiment d'illégitimité ou un manque d'estime de soi.
Un sentiment de culpabilité provoqué par l'impression de ne pas avoir travaillé assez.
L'impression que votre emploi n'est pas stable.
Le fait de se comparer aux autres.
Un stress lié à certains événements survenus dans le monde ou dans votre vie personnelle.
Le bien-être mental est tout aussi important que la santé physique, et chacun doit faire face à des difficultés de temps à autre. Si vous souffrez d'une entorse à la cheville, vous allez consulter un médecin, n'est-ce pas ? De la même manière, lorsque des pensées négatives ou des craintes vous oppressent au quotidien, n'hésitez pas à demander de l'aide à un professionnel de la santé mentale.
[À lire] L’intelligence émotionnelle : votre nouvelle prioritéPosséder un smartphone, c'est un peu comme avoir un mini-ordinateur dans la poche. C'est très utile lorsque vous avez besoin de la fonction GPS pour vous rendre quelque part. En revanche, quand il s'agit d'équilibre entre vie professionnelle et vie privée, le constat n'est pas aussi réjouissant. Vous recevez constamment des notifications et e-mails liés au travail sur votre téléphone ; impossible d'y échapper, même lorsque vous êtes en congé. Or, quand vous voyez s'accumuler les messages de vos collègues, vous pouvez vite vous sentir coupable de ne pas travailler vous aussi.
Bien souvent, les smartphones vous relient également aux réseaux sociaux, lesquels ne vous montrent pourtant qu'un aperçu idéalisé de la vie des autres. Lorsque vous parcourez votre fil d'activités, vous avez parfois l'impression que tous ceux qui publient sont plus productifs que vous et, qui plus est, auréolés de succès. Votre sentiment de médiocrité peut alors alimenter le phénomène de productivité toxique.
Quelques astuces pour vous détacher de votre smartphone :
Lorsque vous voulez vivre le moment présent, placez votre téléphone hors de vue en le rangeant dans un sac ou un tiroir. Mieux encore, laissez votre téléphone chez vous avant de partir faire une petite balade.
Activez le mode Ne pas déranger et désactivez les notifications d'application.
Créez un espace sans technologie dans votre logement (votre chambre, par exemple).
Supprimez vos applications professionnelles de votre téléphone, notamment les outils de messagerie que vous utilisez au travail.
La productivité toxique se nourrit souvent du « work about work » : ces tâches d'organisation, de reporting et de recherche d'information qui remplissent les journées sans créer de valeur. Alléger cette charge, c'est rendre du temps aux équipes, pas leur en demander davantage.
L'IA Asana agit précisément sur ce terrain. Ses résumés automatiques et ses mises à jour de statut générées à votre place suppriment une partie du reporting manuel, ce qui réduit la pression du « toujours plus » à faible valeur ajoutée.
Les AI Teammates, des agents IA autonomes intégrés à Asana, prennent quant à eux en charge des tâches répétitives comme le tri des demandes entrantes ou la mise à jour de l'état des projets. Vos équipes récupèrent ainsi du temps de concentration et peuvent le consacrer à un travail qui compte vraiment, sans allonger leurs journées.
Le Studio IA est disponible avec les formules Starter, Advanced, Enterprise et Enterprise+.
Voici les réponses aux questions les plus fréquentes sur la productivité toxique, pour lever les derniers doutes avant de passer à l'action.
La productivité toxique ne se combat pas en travaillant moins par principe, mais en remettant la valeur au centre. Une performance durable repose sur des limites claires, des objectifs réalistes et un droit au repos assumé, pour vous comme pour vos équipes. Ces leviers ne relèvent pas du confort : ils protègent votre énergie, votre santé mentale et, à terme, la qualité de votre travail.
En tant que manager, vous donnez le ton. Montrer l'exemple, normaliser les temps de déconnexion et rééquilibrer les charges de travail envoient un signal bien plus fort que n'importe quel discours. La vraie efficacité ne se mesure pas au nombre d'heures passées, mais à l'impact de ce que vous accomplissez. En faisant de l'équilibre une priorité stratégique, vous fermez durablement la porte à la productivité toxique et vous donnez à votre équipe les moyens de réussir sans s'épuiser.
Passez de la théorie à la pratique. Centralisez vos outils, automatisez vos processus et menez vos équipes vers la réussite avec une plateforme de gestion du travail intuitive.
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